vlad

je suis un embryon. (dessins, musique, photos, textes)

03 juillet 2006

puisque tout et depuis longtemps
semble encore tenir par miracle
puisqu'à chaque fois qu'ça se casse la gueule
on reconstruit dessus quand même

est-ce qu'au fil des révolutions
on a avancé sur l'orbite
est-ce que le pourcentage de cons
a diminué dans les élites

as tu besoin d'être dirigé?
toi non bien sûr mais les autres oui
es-tu assez fort pour être sage
toi qui revendique l'anarchie

peux-tu vraiment vivre en autarcie
vomir les gens sans boire leur soupe
respecter ceux qu'ont besoin d'autrui
admettre la raison d'autres groupes

mon utopie serait qu'on soit
capable de juger sans faute
que ce qu'on fait ne cause aux autres
aucun problème, pas plus qu'à soi

un jour on trouvera une justice
qui mettra tout le monde d'accord
les mères, les faibles, le bon, le vice
plus personne n'aura jamais tort

mais jamais ne mourra l'égoïsme
ni la cécité, ni les passions
quitte à vivre un monde bordélique
j'espère le faire avec raison...

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01 mai 2006

Ïanorapa pour tout l'monde !

Je les ai vues pour la première fois un matin sur ma vitre. Des espèces de bestioles transparentes qui semblaient ramper. Je n’ai pas été le seul à les remarquer d’ailleurs. Le soir même ils en parlaient aux informations. Ils disaient de ne pas s’inquiéter mais ils mentent toujours. Je n’osais plus sortir car elles semblaient tomber du ciel. Des extraterrestres ?

Un autre matin, j’ai découvert avec effroi qu’elles avaient envahi ma salle de bain. Je bondis hors de ma douche sans cherche à les inspecter plus longtemps. Il y en avait partout sur les parois de la cabine, et quelques unes par terre. Celles qui étaient sur les murs avançaient lentement. J’étais terrifié. Des reportages passaient à la télévision.

« Des milliers de créatures ont envahi le pays. C’est une espèce inconnue d’invertébrés qui semble particulièrement apprécier les endroits humides. »

« A présent, un témoignage de Monsieur Gérard Piche :

            - Ben… j’ai voulu boire une gorgée de Perrier et … euh, j’ai vu une cinquantaine de ces trucs là, à l’intérieur même de la bouteille ! C’était des petites, mais après ça, vous imaginez bien que je m’en suis débarrassé fissa...

-         Vous ont-elles attaqué Monsieur Piche ?

-         Non, mais je suis certain qu’elles n’auraient pas hésité si j’avais approché ma bouche du goulot ! »

Moi aussi j’ai jeté mes bouteilles. J’ai soif. Je mange des fruits, après avoir longuement vérifié qu’il n’y avait rien dessus.

« LES CHOSES ONT TUE ! »

« Deux corps ont été retrouvés, non loin d’une population d’invertébrés ! On ne sait pas comment ces créatures ont pu attaquer. Il n’y a pas eu de traces de lutte.

Ne sortez plus. Eloignez vous des fenêtres, des salles de bains, des éviers ou de tout autre point d’eau, et continuez d’écouter la radio et de regarder la télévision. »

Je me sens terrorisé. Personne ne sait comment vaincre ces bestioles. Elles disparaissent et réapparaissent comme au hasard. D’ailleurs, dans la cuisine, celles de l’évier étaient parties. Mais à peine j’ai voulu m’en servir à nouveau qu’elles sont revenues, rampantes et nombreuses comme jamais !

Elles sont insaisissables et aucun humain ne se risquerait à essayer de se battre contre elles. Il faudrait fuir mais personne ne sort plus de chez soi...

Des gens meurent et personne ne peut l’expliquer. Soit-disant de crises cardiaques. Je n’en crois pas un mot. Je suis sûr que ces saloperies ont une espèce d’arme paralysante ou je ne sais quoi de semblable et que toutes elles viennent sur nos corps immobilisés pour nous ronger vivant. Rien que d’imaginer ceci me glace le sang.

« Le pays a subit des pertes considérables. Plus de 5 millions de personnes sont mortes dont un tiers dans la capitale. D’autres pays sont touchés. »

« LA TERRE ENVAHIE PAR LES EXTRA TERRESTRES ? »

J’ai horriblement soif. Mais je n’ose plus rien faire. Ils sont partout. Je suis couché depuis deux jours et je ne bouge pas. Je suis trop faible. J’ai peur.

« Les scientifiques ont enfin déterminé la nature des dangereux envahisseurs. Ce sont des gouttes d’eau. Ne craignez rien. »

C’est trop tard.

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04 mars 2006

winter

baby your shivers answer mine
cold kisses wake my sickness up
i didn't want you in my mind

i dislike compliments
easily scared and wild
don't touch me or i cry

baby i let you hold my hand
but can't stand it more than a while
if it's a jail i will escape

your taste is cigarette's
our bodies get along
you're the lack i needed

i guess i've just to be happy now...

winter.mp3

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13 février 2006

Zane il est pas joyeux

http://hauteurs.canalblog.com/archives/2006/02/13/1367176.html

Tous les soirs il y a des gens au petit théatre en noir et blanc. Et quand ils partent, on éteint les lumières. Moi j'arrive le matin, quand tout est froid et quand tout est noir dans la salle. J'allume partout alors, et on voit bien alors que les sièges sont rouges. Le rideau, lui, est bien noir - une lubie du créateur - mais comme de toute manière il ne se ferme que face au public, le plus souvent il est levé. Un théatre vide c'est déjà un spectacle.
J'entre dans la salle par les coulisses, comme toujours. Je descend de la scène avec mon aspirateur, et je passe dans chacune des allées. Arrivé à celle du cadavre, j'éteins mon appareil. Aujourd'hui c'est une fille. Encore une qu'on ne pourra plus draguer. Je me demande quand même comment ils font, chaque fois, pour viser juste alors qu'il y a les projos qui les aveuglent. Je la regarde encore un peu, pendant la minute de silence. Puis, je ferme ses yeux et prend le corps dans mes bras pour l'apporter à coté de la réserve de sacs. Faut avouer qu'ils ont tout prévu depuis la première du spectacle.
Une fois le mort emballé, le gars de la morgue, qui est arrivé entre temps, m'aide à l'installer dans son camion, et il l'emmène là où il faut. Moi je finis mon ménage. Les jours de chance, je trouve des pièces coincées dans les sièges, ou alors par terre.
Quand la salle est faite, je remonte sur scène. Je contemple mon boulot, en me disant que les gens qui ne sont pas là pourrait m'applaudir aussi. Mais ils ne remarquent jamais quand tout va bien. Il se plaignent juste quand ils voient de la poussière ou un chewing-gum collé quelque part.
Enfin bon. Je finis quand même mon job. Je passe l'aspirateur, puis la serpillère sur scène, même si elle n'en a jamais besoin. Je n'ai pas le droit de toucher aux coulisses, ou aux accessoires: ils ne veulent pas que je farfouille. Alors je m'en vais.

Je ne croise jamais les acteurs. Par contre, dans la rue, tous les gens sourient. C'est comme ça depuis la création du petit théatre. Faudrait que je regarde le spectacle un jour. Mais j'ai pas assez d'argent pour me payer une place. Et puis de toute façon, le soir, je vois mes amis. Ils font de l'impro. C'est que des amateurs, mais ça me fait déjà marrer.

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18 novembre 2005

jveux pas qu'on m'parle
ou alors que des mots doux
pas qu'on me fasse réfléchir
peut-être sur des sujets un peu fous
me fait pas découvrir ta musique
ne me demande pas de lire tes bouquins
te suivre dans tes délires
surtout quand tu pars un peu loin
je cherche pas de plaisir intellectuel
je veux pas lire tes lettres
jveux juste me sentir un peu belle
pas besoin de te connaître
pour vouloir de tes bras
t'façon, je veux que coucher avec toi

jveux plus être sollicitée
et d'abord par moi-même
des avis des idées
plein les oedèmes
peut-être besoin de toi pour vider
les poches de manques d'amitié
je veux que tu me fasses rire
t'embrasser te bouffer
pour ne plus rien dire
de toute façon je parle trop vite

j'ai besoin d'où t'habites
avoir un coin où me poser
me reposer et oublier
une bulle de douceur
de tendresse n'est-ce pas
juste me faire baiser
pour calmer mes peurs
pour me sentir désirée
mais qu'on me foute la paix.

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08 octobre 2005

la morte n'ouvre pas la porte

lf45_kneeling_fig_w_vsk_redblue- toc toc toc. -n'ouvre surtout pas: c'est le squelette,
celui que sa soif d'apprendre a asséché.
maintenant qu'elle est pleine, il n'a plus toute sa tête.
il hurle tout le temps, répète qu'il regrette,
d'avoir inconsciemment perdu les jours passés,
choisissant le savoir plutôt que l'amitié.

image de laura ferguson
(trouvée au hasard d'une recherche sur google)

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14 juin 2005

couture

La langue se meut dans la bouche, avec sa flopée de salive. Les cordes vocales vibrent dans la gorge. Lèvres internes. Petits bouts de chair rosés, noyés dans l'ombre. La langue module les sons avec le palais et les dents. Moiteur, chaleur, obscurité.
Une lame s'approche de la bouche. Crispée, affolée, béante. Un éclair, un éclat. Une flamme, chair grillée. Muscle atrophié, moignon. Voyelles. Que des voyelles. En majuscules et dans une étoile aux dizaines de branches. Hurlement en fait. La langue est coupée et ça fait mal. C'est encore brûlant.
Des années plus tard, on ne sentira plus rien. Serein et tranquille, l'âme dans la chambre close et vide jadis habitée. La lumière du soleil passera à travers la peau des joues et n'éclairera plus qu'un sol nu et trempé. Lisse.
La douleur est insupportable.
Une main prend à côté une aiguille. Vise le chas d'un bout de fil mouillé. Glisse contre le métal. Un noeud au bout.
Les yeux s'affolent, tournent, tournent. Tout est figé, et lutte pourtant. La main s'approche. La pointe est contre la peau, juste au dessus de la lèvre. Souffle en saccade. Le pore s'élargit quand l'aiguille traverse, fouille la chair, creuse et creuse encore. Ressort de l'autre côté, contre la gencive. Douleur acide, aiguë. Le fil glisse à travers le trou. Et on replante. Dans l'autre lèvre cette fois. Point de croix biotec. Couture, le travail avance le long des bords. Lèvres ourlées de rouge. Un dernier rai de lumière passe entre les dents. Les yeux se ferment au coin des larmes.
Bouche cousue.

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sonnet

J'ai les yeux qui débordent de sommeil et de pleurs
Aussitôt je transforme mes larmes en mots
Et mes mots en joie, et la joie en bonheur
Un sourire léger sous mes paupières enclos

Mieux vaut de ris que peine emplir nos courtes heures
Aussi je prends la plume pour chasser les maux
Par d'autres et chacun apporte une douceur
Qui de son doux baiser apaise mon coeur gros

Cerveau embrumé de rêves pleins de gaieté
Je m'endors dans les bras de Morphée mon ami
Lui qui sait de mon âme tirer les noirs secrets

Exposés au soleil: théâtre de ma vie
Ils pourrissent, mais de nouveaux naissent encore
Ainsi vont mes idées, m'alchimiste fait de l'or.

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sonnet

Je les aime pourtant (l'habitude est si forte!)
Tous les jours, et chez eux, et par eux je dois vivre
Tout a un prix bien sûr, en retour je dois suivre
Une règle qui entre toutes m'insupporte:

Jamais je ne peux - LIBRE - passer la porte
Que de belles nuits! cloîtrée parmi les livres
Merveilleux, certes, mais qui jamais n'enivrent
Comme le Monde auquel j'apparait comme morte.

Je rêve de sorties, entre amis, simplement
L'illusion d'être adulte, une heure sans parents
O, jeunesse perdue à être bien gentille

Espérant, tout comme ces impatients rebelles
La LIBERTE, mais sans tuer cette famille
Qui, peureuse, se rassure en me clouant les ailes.

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rendez vous en enfer

A travers le brouillard
Je t'adresse ces mots
Nous allons nous revoir
Nous reverrons là-haut
Rendez-vous en enfer

Descendons au plus bas
Touchons le fond du fond
Espérons le trépas
Décadence des cons
Rendez-vous en enfer

Icare a brûlé hier
Narcisse a volé ses ailes
Son miroir sera la mer
Il veut se voir depuis le ciel
Rendez-vous en enfer

Péché d'orgueil péché d'espoir
Chacun de notre côté
Aveugles dans la gloire
Nous allons nous heurter
Rendez-vous en enfer

Au-dessus des nuages
Où la flamme est plus vive
Où il n'y a plus de cage
Je t'envoie la missive
Rendez-vous en enfer

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